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R.D. CONGO – à Bomongo, une simple diarrhée peut être mortelle

Mokame Health post : In Mokame, in Bomongo district, home to more than 7500 people, the health post is just a hut and there is no toilet for patients and health staff. PU-AMI is planning to build a new health centre here.02/03/2012 – À Mokolo, dans la province de l’Équateur, à l’Ouest de la République démocratique du Congo, se faire soigner est un véritable parcours du combattant.

Le seul centre de santé de cette commune de 7 700 habitants est une grande case aux murs en torchis et au toit de paille. Il n’y a ni douche ni toilette, pas un médecin et très peu de médicaments disponibles. « La dernière fois qu’on a tenté d’approvisionner le poste avec des vaccins, une grande partie a tourné pendant le transport depuis Bomongo, le chef lieu du district, à cause du non-respect de la chaîne du froid. Plus d’un tiers des 300 vaccins était inutilisable à l’arrivée au poste de santé » raconte Belly, l’infirmière du centre.

En cas de pathologie grave qui nécessite des soins plus poussés, il faut se faire soigner à l’hôpital de Bomongo. Les chances de survie s’amenuisent alors sérieusement : pour s’y rendre, il faut louer une pirogue, ramer deux à trois jours en fonction du courant, enfin louer un vélo pour s’acquitter des quarante derniers kilomètres qui séparent la rivière de l’hôpital.

Dans cette province de l’Équateur, cette situation est loin d’être exceptionnelle. Les déplacements combinant marche à pied, bateau ou vélo sont le lot quotidien des habitants. Recouverte de forêts tropicales et d’une superficie trois fois et demie supérieure à la France, cette zone ne dispose pas de routes asphaltées et les pistes de terre sont difficilement praticables. Quand vient la saison des pluies, le tableau devient cauchemardesque, la pirogue est alors le seul moyen de locomotion envisageable. Chaque déplacement au marché local, chaque consultation médicale prend la forme d’une véritable expédition.

Ajouté à ces difficultés géographiques, un conflit intercommunautaire a enflammé la province en 2009. Plus de 150 000 personnes ont alors fui les combats. Certains se sont réfugiés dans les pays limitrophes, en République du Congo-Brazzaville et en République Centrafricaine tandis que d’autres ont fui dans les forêts et marécages avoisinants. Une crise humanitaire importante mais peu médiatisée a résulté de ce conflit.

Les déplacements massifs de population ont fragilisé encore un peu plus la situation de cette province. Les centres de santé et les quelques rares hôpitaux ont été endommagés et pillés lors des combats. Avant le conflit, ces centres manquaient déjà cruellement de moyens, s’y ajoutent dorénavant une pénurie de personnel et des difficultés accrues d’approvisionnement en médicaments.

Depuis mars 2010, Première Urgence – Aide Médicale Internationale (PU-AMI) vient en aide aux populations de l’Équateur pour empêcher que les habitants de cette zone ne soient laissés pour compte. Les actions d’urgence de PU-AMI se sont concentrées dans un premier temps dans le district de Dongo, où peu d’organisations humanitaires sont présentes. Depuis deux ans maintenant, avec le soutien du service d’aide humanitaire de la Commission Européenne, les projets ont bénéficié à plus de deux cent mille habitants de la zone, qui ont vu les centres de santé rouvrir et le personnel médical reprendre progressivement le travail.

Cependant de nombreuses familles n’ont pas encore eu cette chance. En novembre dernier, suite à une évaluation, les équipes de Première Urgence – Aide Médicale Internationale ont observé une situation humanitaire critique dans un autre district, Bomongo, où plus aucune ONG n’intervient depuis le mois de juin 2011. Depuis cette date, les centres de santé n’ont reçu aucun approvisionnement en médicament et vivent sur les stocks restants et avec les pharmacies privées de village où les patients achètent des médicaments dont la qualité n’est pas garantie.

De plus ce district, isolé, voit depuis peu sa population augmenter avec le retour des réfugiés. Un retour qui n’est pas sans risque pour ces dizaines de milliers de familles sans ressource qui retrouvent des villages pillés, sans structure de santé et très enclavés. Pour aider les populations à se réinstaller dans leur village d’origine, PU-AMI a décidé d’étendre ses projets dans ce district particulièrement sinistré de Bomongo qui regroupe près de 100 000 habitants.

Aujourd’hui, dans cette province où l’on peut mourir d’une simple diarrhée, il y a urgence à intervenir. Réhabilitation et construction de centres de santé, approvisionnement en médicaments et en matériel médical, formation des personnels de santé, aménagement d’axes routiers et aide à la relance agricole, sont autant de priorités auxquelles les équipes de Première Urgence – Aide Médicale Internationale ont répondu ou vont répondre grâce au soutien de la Commission Européenne.

By Annabel Hervieu
Première Urgence – Aide Médicale Internationale

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RDC fiche d’information (02/2012)
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