Haiti – l’espoir de la reconstruction
Monday, March 19th, 2012
En avril 2010, je m’étais rendu pour la première fois en Haïti, alors que le tremblement de terre venait de frapper durement la capitale. J’y avais vu le désarroi et la détresse de milliers de gens laissés sans toits, sans eau, sans emplois. J’avais alors promis que nous ne les abandonnerions pas, même et surtout, une fois les projecteurs détournés vers d’autres coins du monde. L’Europe a tenu sa promesse. Contrairement aux idées reçues, la Commission a engagé 75% des 522 millions d’euros promis. Notre aide a permis au pays de ne pas s’effondrer tout d’abord, et de préparer l’avenir ensuite. Certes, tout n’est pas parfait, et les besoins sont immenses. Mais il a fallu tenir compte de la situation complexe, à la fois sur le plan politique et humanitaire, et de la capacité d’absorption du pays pour assurer un impact de l’aide. La Commission ne manie pas le porte-voix mais elle agit aux côtés des haïtiens et de tous ceux qui travaillent depuis 2 ans à la reconstruction du pays. C’est ce que j’ai voulu montrer par ma deuxième visite dans le pays du 6 au 8 mars derniers. J’en suis revenu plus optimiste que ce que je n’avais imaginé. Même si la situation reste fragile, des progrès ont été enregistrés. Les urgences les plus importantes ont été résolues et Haïti évolue peu à peu vers la normalité. D’abord, un gouvernement a été mis en place. J’ai pu m’entretenir longuement avec le nouveau Président M. Martelly, avant d’aller rencontrer le Parlement. Mon message était simple : la stabilité politique sur le long terme est, pour nous, un élément essentiel. Haïti ne peut pas se permettre des retards supplémentaires car la reconstruction du pays en serait la victime. Nous avons besoin d’un interlocuteur fiable et en capacité d’agir. Le President Martelly m’a fait part de sa vision pour approfondir le développement du pays, assurer les services sociaux et créer des emplois. Je lui ai confirmé la volonté totale de l’UE, qui reste le premier donateur dans le pays, d’accompagner le gouvernement haïtien dans ses efforts. Nous avons ainsi signé un document de stratégie pour 2012 et 2013, permettant d’allouer 100 millions d’euros supplémentaires pour appuyer la reconstruction. La rencontre avec le Parlement s’est tenue dans des locaux en préfabriqué, le nouveau Parlement devant être reconstruit dans les années qui viennent. Ce fut une discussion animée, voire passionnée, qui m’a permis de souligner l’action de la Commission dans la reconstruction et son soutien à la vie démocratique du pays. Le rôle des ONG a été l’un des points de la discussion. J’ai pu rappeler que les ONG ont un rôle indispensable dans la phase d’aide humanitaire puisqu’elles ont l’expertise et les capacités d’agir au plus vite. La phase d’aide au développement de plus long terme se fait, et se fera, davantage en coordination avec les autorités haïtiennes et les acteurs locaux. Le succès sera au rendez-vous si le gouvernement et les autorités nationales sont dans le siège du conducteur et décident de l’avenir du pays.
J’ai été heureux de constater que le Président Martelly partage ce principe, et a reconnu l’UE comme un partenaire majeur. Nous avons vivement apprécié sa présence à nos côtés pour inaugurer 3 projets majeurs financés par l’UE : la finalisation du tronçon Mirebalais-Hinche de la RN3, mais aussi l’école fondamentale et le centre pédagogique de Hinche, qui permettra la mise en place d’une école publique gratuite et le tribunal de Hinche, symbole de notre appui a la reconstruction et renforcement de l’Etat de droit.
A Hinche, j’ai vu l’espoir et l’envie de construire un avenir sur le visage des gens, notamment des enfants de l’école élémentaire que nous avons inaugurée. La reconstruction d’Haïti restera une priorité pour l’UE dans les années à venir. Nous continuerons d’être un partenaire fiable, et, en travaillant en coordination avec nos partenaires et le gouvernement haïtien, je souhaite que nous reconstruisions Haiti “en mieux”.


