35 Chefs d’Etat et Gouvernement africains, mais aussi des représentants des Nations Unies, de l’Union européenne, des Etats-Unis, des Caraïbes ou le Président mexicain Calderon – venu pour parler du changement climatique avant la conférence des UN de Cancun-, autant de personnalités réunies a Kampala, Ouganda, pour le 15e Sommet de l’Union Africaine, où je représente la Commission européenne. La cérémonie d’ouverture, qui s’est tenue dimanche, 25 juillet, a été particulièrement marquée par les condamnations unanimes des attentats qui ont frappé le pays d’accueil le 11 juillet dernier. Toute l’Afrique est apparue unie dans sa volonté de lutter contre le terrorisme, quelle que soit son origine. Du côte européen, j’ai rappelé que l’Union européenne avait fermement condamné ces attaques et affirmé que cela ne remettrait absolument pas en cause notre soutien à la mission européenne de formation des soldats visant à renforcer les forces de l’ordre somaliennes. La question somalienne s’est d’ailleurs imposée au cœur des débats. L’Afrique est, comme ses partenaires, pleinement consciente de l’urgence de trouver des solutions à un conflit, source potentielle d’instabilité, de violence et de catastrophe humanitaire. L’Union européenne est le principal donateur en Somalie, travaillant sur les 3 piliers : maintien de la paix, développement et humanitaire. Nous finançons en grande partie, via l’Union Africaine, la présence de l’AMISOM, chargée de mission de maintien de la paix. A ce jour, plus de 100 millions d’euros ont été versés pour financer la vie des soldats, et 47 millions additionnels vont être fournis pour les 6 derniers mois de 2010. J’ai discuté de la nécessité d’actions conjointes et coordonnées avec les représentants de l’Union africaine, dont le Président Jean Ping et le Commissaire a la Paix et securit, M. Lamamra, mais aussi avec Johnnie Carson, secrétaire d’Etat américain en charge de l’Afrique, et les chefs d’Etat africains.
Les thèmes majeurs du Sommet, la santé maternelle et la mortalité infantile, n’ont pas été oubliés. Ces deux Objectifs du Millénaire pour le Développement enregistrent des progrès bien plus faibles que les autres, notamment en Afrique sub-saharienne. Chacun a reconnu que les responsabilités doivent être partagées, et les efforts redoublés. A deux mois du Sommet des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement qui se tiendra à New York, il y a urgence à unir nos voix. A nous deux, Union Africaine et Union européenne, nous représentons la moitié des Nations Unies ! 80 Etats… J’ai pu rappeler que l’Union européenne restait le plus grand donateur mondial en Afrique. J’ai également souligné l’engagement réaffirmé des chefs d’Etat et de gouvernement européens, lors du Conseil européen de Juin dernier, d’augmenter les budgets dédiés à l’aide au développement pour atteindre l’objectif de 0.7% du PIB consacré à l’aide. Malgré la crise qui frappe la plupart des pays d’Europe, nous sommes parvenus à sécuriser le soutien aux pays pauvres. De leur côté, les pays en développement doivent s’engager à devenir les propriétaires de leurs stratégies nationales de développement. A la lumière du Partenariat UA-UE, nous voulons les soutenir mais ne pas décider des priorités et voie à suivre.
La préparation du Sommet Afrique-Union européenne a également fait l’objet de discussions, afin d’en définir les principaux thèmes. Trois grands sujets semblent incontournables : les questions de paix et sécurité, le développement économique et humain de l’Afrique – via l’encouragement des investissements, du commerce et l’émergence d’un secteur privé africain -, et les enjeux liés au changement climatique et énergétiques. Du pain sur la planche en perspective…
Pour finir, il est intéressant et encourageant de voir à quel point l’intégration régionale, que l’Union encourage sur chaque continent, devient chaque jour un peu plus une réalité en Afrique. Bien sûr, à l’instar de “notre” UE, les choses sont complexes. Imaginez, nous sommes 27 Etats membres, ils unissent 53 pays… Les débats sont tout aussi animés, sur le degré d’intégration, le fonctionnement institutionnel, la répartition des compétences. Néanmoins, le rôle clé de l’Union Africaine dans la gestion des « affaires africaines » est pleinement reconnu en Afrique, en faisant un partenaire solide et permettant une action plus efficace.
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