Cette semaine est placée sous le signe de la préparation de la position européenne pour la réunion des Nations Unies à haut niveau qui aura lieu en Septembre prochain et qui donnera un nouvel élan aux Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Hier, lundi 14 juin, j’ai assisté au Conseil des ministres du Développement à Luxembourg. Nous avons discuté du plan d’action proposée par la Commission le 20 avril dernier pour soutenir les progrès vers les Objectifs du Millénaire, qui a été adopté par le Conseil sur quasiment tous les points. L’ambiance était à la fois grave et déterminée. Grave, car les sujets à l’agenda ont une portée directe sur la vie des plus vulnérables dans les pays en développement; déterminée, car malgré la crise et les difficultés de certains Etats Membres, tous ont confirmé leur engagement à consacrer 0.7% de leur PIB à l’aide au développement d’ici 2015.
Les conclusions sont, dans l’ensemble, satisfaisantes. En temps de crise, il serait maladroit pour la Commission d’exiger de nos gouvernements des efforts que les citoyens ne comprendraient pas. D’un autre côté, personne ne peut nier que la crise touche aussi les pays les plus pauvres, et qu’il est de notre responsabilité politique et morale de les aider à traverser ce moment difficile. Personne n’a intérêt, non plus, à ce que ces pays soient un peu plus déstabilisés par la crise. N’oublions pas que, à l’heure de la mondialisation, leur développement économique, social, environnemental a un impact direct sur le nôtre. C’est pourquoi les Ministres du développement ont rappelé leurs engagements vis-à-vis des pays en développement, et ont promis d’atteindre leurs objectifs d’ici 2015. En gros, cela revient à doubler l’aide annuelle qui est aujourd’hui d’environ 49 milliards d’euros d’ici 2015… Si l’on regarde les montants en jeu pour chaque Etat, le défi est relevable par tous. Pour cela, les ministres ont accepté de prendre des “actions réalistes et vérifiables” dont la mise en œuvre pourrait être discutée une fois par an entre eux. Au-delà de la dimension financière, ils se sont se sont également engagés à coordonner davantage leurs actions pour éviter les redondances et les gaspillages. Garantir l’efficacité de l’aide européenne, sa visibilité, fait aujourd’hui partie des priorités.
La confirmation des engagements européens était, à mes yeux, cruciale en vue du Sommet de Septembre. Il serait en effet difficile de demander à nos partenaires internationaux d’être plus ambitieux dans leur aide au développement – l’UE contribue toujours à plus de 50% de l’aide mondiale…- si nous commencions à remettre en cause nos propres ambitions.
Au Parlement européen, j’ai débattu avec les membres de la commission du Développement sur un projet de rapport Cashman sur les Objectifs du Millénaire. J’étais satisfait de constater que nous partageons la même ambition : respecter nos promesses, trouver des nouvelles sources de financement pour le développement, lutter contre l’évasion fiscale, mettre la priorité sur les Objectifs du Millénaire les plus en retard, faire en sorte que les politiques européennes commerciales, agricoles, de la pêche servent le développement, et assurer une meilleure représentativité des PVD dans les instances internationales. Je leur ai annoncé que la Commission travaille à l’heure actuelle sur la définition d’une liste de pays à aider en priorité dans le cadre des Objectifs du Millénaire.
Dans l’ensemble, tous les efforts semblent tournés dans la même direction, par les ministres comme par le Parlement européen. J’espère maintenant que ces engagements seront confirmés par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du Conseil européen les 17 et 18 juin prochains. Cela donnerait à l’Union européenne une voix plus forte lors du prochain G20 au Canada. Ce serait également un message fort que je pourrais porter lors de la réunion du Conseil économique et social des Nations Unies à la fin du mois. Le compte à rebours du Sommet à Haut Niveau de Septembre a commencé. L’Europe doit en rester le leader!
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