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La COVID-19 : Quel impact pour le monde de la traduction ?

Dimanche, novembre 29th, 2020

Josephine Chaillou et Anna Van Der Kallen, étudiantes du parcours de master Traduction professionnelle et spécialisée, Université Catholique de l’Ouest, Angers

Cela fait maintenant plusieurs mois que nous sommes mondialement impactés par un virus qui rend notre avenir plus qu’incertain. Ce virus, la COVID-19, a été déclaré par l’OMS le 11 mars 2020 comme pandémie. L’impact est réel, et le monde du travail est profondément touché, toutes professions confondues. Pour pallier ces difficultés, les entreprises ont dû s’adapter en optant, la plupart, pour le télétravail, avec ses avantages comme avec ses inconvénients. Mais qu’en est-il des métiers de la traduction ?

L’impact de la pandémie sur les traducteurs

Un sondage mené au sein de la SFT (Société française des traducteurs) de mi-juin à mi-juillet a révélé que, sur 526 participants, 57 % pensent que la crise aura une incidence sur leur activité. Parmi ces 57 %, 48 % prévoient de créer une activité complémentaire, 23 % pensent se reconvertir, 15 % pensent suspendre temporairement leur activité, et 7 % pensent arrêter définitivement.

Ces chiffres démontrent la manière dont la crise affecte le métier de traducteur non seulement sur le plan professionnel, mais aussi sur le plan mental. En effet, ne sachant pas où cette crise va nous mener, certains craignent de perdre leur emploi et donc de devoir changer d’orientation professionnelle. Pour s’en sortir, il est donc nécessaire de s’adapter.

Il s’agit ici d’un sondage effectué qu’auprès d’une petite partie des traducteurs français. Pour représenter l’avis de tout le monde il conviendrait de réaliser une étude à plus grande échelle, voire de regarder ce qu’il en est à l’international, pour affirmer, infirmer ou nuancer ce propos.

L’institut d’étude CSA a réalisé en août 2020 un sondage mondial pour des traducteurs freelance. Celui-ci démontre que, pour 1174 réponses de 97 pays, les constats sont les mêmes pour tout le monde : baisse de revenus, baisse de charge et baisse de quantité de travail, mais très peu de demandes de baisse de tarif. De plus, 65 % des participants au sondage pensent que la COVID-19 a temporairement changé le marché, 25 % pensent qu’elle l’a changé de manière permanente, et 10 % pensent qu’elle ne l’a pas du tout changé. Le sondage démontre également que dans certains domaines, les demandes de traduction ont le vent en poupe, là où d’autres diminuent.

Pour les traducteurs, le télétravail n’est rien de nouveau. En effet, il est fréquent pour eux d’entrer en contact avec les entreprises, les agences et autres, et ce, depuis chez eux. Il était donc en quelque sorte plus simple pour eux de s’adapter à court terme au nouveau mode de travail.

Néanmoins, tout n’est pas facile, et ce sont surtout les générations seniors qui ont des difficultés à utiliser les plateformes en ligne comme Zoom ou Teams. Certains ont donc choisi de suivre des formations en informatique pour pouvoir continuer à travailler de manière optimale, et ainsi éviter un manque de revenus presque incontournable.

Effectivement, ce manque de revenus inquiète beaucoup de traducteurs, et pendant cette crise, tous réfléchissent à une manière de combler ce vide de travail potentiel, malgré le grand nombre de documents officiels sanitaires à traduire soudainement.

L’impact de la pandémie sur les interprètes

Pour ce qui est des interprètes, contrairement aux traducteurs, le choc a été brutal. Ce fut une fermeture quasi-totale ; plus de travail, puisque les évènements, congrès et conventions ont été annulés ou reportés… Les plus touchés ont été les interprètes récemment diplômés qui, subitement, se sont retrouvés sans aucun revenu, et sans vraiment d’autres options d’activités du fait de leur relative nouveauté dans le réseau de l’interprétation. De plus, la pandémie a causé la fermeture de plusieurs autres secteurs vers lesquels ils auraient autrement pu se tourner, comme le tourisme ou le commerce. Il a donc fallu s’adapter également à la nouvelle situation et accepter de changer les méthodes de travail pour répondre aux besoins du marché.

De ce fait, l’interprétation à distance a explosé, bien que les délais de sollicitation soient souvent très courts (parfois même jusqu’à une heure avant). Toutefois, interpréter à distance amène son lot de complications et de conditions tels que des problèmes de connexion internet, et des coupures de micro ; il faut avoir le bon matériel pour travailler et surtout être dans une pièce insonorisée ou tout du moins au calme.

De plus, certains interprètes ont dû utiliser des services comme Zoom, Webex, ou encore Microsoft Teams pour les travaux d’interprétation, puisque l’on considérait ces outils comme faciles à utiliser. Cependant, ce ne sont pas des outils aussi efficaces que les plateformes d’interprétation qui ont été spécialement conçues pour ce travail et où le binôme d’interprètes peut communiquer entre eux sans gêner le reste des participants. Zoom, Webex et Microsoft Teams sont des plateformes qui se centrent surtout sur la communication orale, et peuvent sembler très simple, mais pour un interprète, le choc acoustique conséquent, la charge cognitive énorme et une baisse de revenus en font des services très peu attractifs.

Anticiper et adapter pour construire

La COVID-19 a donc impacté presque tous les aspects de la traduction, que ce soit les demandes, les revenus ou les méthodes de travail. Toutefois, dans le secteur de la traduction, malgré les problèmes que les traducteurs ont rencontrés, c’est tout de même le métier d’interprète qui a été le plus durement touché (avec une baisse de 24 % des revenus, par rapport à 8 % pour les traducteurs).

Le métier de traducteur et d’interprète n’est donc pas sans risques, puisqu’au bousculement économique et technologique des dernières années s’ajoute une crise sanitaire dont l’avenir reste incertain. C’est d’ailleurs cet avenir incertain qui inquiète la plupart des traducteurs ; quelles en seront les conséquences permanentes? Comment le marché va-t-il changer dans le futur ? Est-ce qu’il sera encore possible de ne faire que de la traduction freelance ou faudra-t-il se réorienter ?

Cette crise a entraîné énormément de difficultés pour les traducteurs, et malgré les efforts fournis jusqu’à aujourd’hui, beaucoup se retrouvent encore dans des situations instables. La lutte contre les complications que cette pandémie a engendré va donc reposer sur l’anticipation de travaux éventuels et l’adaptation des méthodes de travail de chacun.

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